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Ecrit par Pierre Masson (24 Heures)
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09-09-2005 |
Située au pied des flancs forestiers du Jura, traversé par les rivières du Veyron et de l'Aubonne, Bière est une petite commune rurale d'environ 1500 âmes, la plus grande de son district. Elle étend en effet ses frontières côté nord ouest jusqu'au sommet du col du Marchairuz (1450 m), d'où la vue sur le Léman est imprenable, et se targue de posséder ainsi une immense surface de bois et de pâturages.
Loin d'être une enclave au milieu des champs, le village est au contraire bien desservi par les transports publics, grâce notamment au BAM, le fameux train vert qui relie Morges en un peu plus d'une demi-heure. Le BAM précisément, n'aurait peut-être jamais vu le jour, ou ne se serait pas étendu si loin, si Bière n'avait eu sa Place d'armes. Construite en 1874, de taille d'abord modeste, cette dernière s'est au fil du temps développée, pour finalement devenir la deuxième plus grande de Suisse, la première même en superficie (875 ha)! Incontournable, elle contribue largement à la notoriété du lieu: «Lorsqu'on évoque Bière avec des gens qui ne sont pas d'ici, ils pensent bien sûr à la caserne. Beaucoup y sont même déjà venus pour faire leur service militaire.», explique le syndic Jean-Louis Pittet.
De fait, la Place a un impact économique incontestable sur la région, dynamisant son commerce, et favorisant l'emploi: «Elle génère des places de travail, pour le personnel civil et militaire», reconnaît Régis Golay, l'intendant du lieu. «Je ne vais pas vous faire un dessin, mais toutes ces recrues qui sortent le soir, c'est un plus pour le commerce local, même s'il est vrai qu'aux soupers de sortie, certains préfèrent se rendre à Morges. En outre, la politique de l'armée suisse veut qu'à prix égal, on privilégie les fournisseurs du lieu.»
Et la réforme «Armée XXI», entrée en vigueur en 2004, ne fait qu'accentuer ce phénomène, Bière ayant encore gagné en importance. A l'horizon de 2008, toute l'instruction de l'artillerie s'y fera. Les effectifs ont pour lors déjà pratiquement doublé, et 330'000 nuitées ont été enregistrées l'année dernière. Cette forte présence militaire ne va d'ailleurs pas sans occasionner quelques nuisances sonores lors des exercices de tir. Elles seraient toutefois en diminution depuis que des simulateurs ont été achetés.
Si le village demeure de taille modeste, il a en revanche toujours possédé de nombreux magasins et artisans, constituant un petit centre régional où viennent s'approvisionner les citoyens des communes voisines. «On est bien équipé», confirme Jean-Marie Surer, vétérinaire et député libéral au Grand Conseil. «Pharmacie, boucherie, horlogerie, poste etc. on trouve de tout, on pourrait presque vivre en autarcie. De plus, Bière a su conserver une agriculture forte. Il reste encore une bonne quinzaine de paysans.»
Sur le plan culturel et sportif, pas moins de 17 sociétés locales égaient et animent la vie de la commune, en proposant des activités parfois insoupçonnées: si le ski, le tir, le pistolet sont logiquement représentés, il existe aussi des clubs de badminton et de tennis. Le village a également sa troupe de théâtre, la Birolande, qui compte une trentaine de membres et dont les représentations en fin d'année sont toujours appréciées.
Bière a aussi un patrimoine historique de valeur, avec son église, dont une partie du cœur actuel date du 12ème siècle, qui a été ensuite reconstruite en grande partie au 14ème, et le château, ancien prieuré que Necker, ministre de Louis XVI avait acheté à titre de placement, et dont il ne reste aujourd'hui plus que des vestiges, à savoir toiture et murs.
A L'ORIGINE DU NOM
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Selon une légende médiévale, le corps de l'évêque saint Protais, mort dans une forêt voisine, aurait été mis en bière au village. Plus sérieusement, le nom de Bière se réfère soit au domaine d'un Berus gallo-romain, soit à un mot bas-latin beria qui signifiait «plaine couverte de broussailles» et a donné berrie en ancien français. La Bière (ou Pays de Bière) est une région de l'Ile-de-France à l'ouest de Fontainebleau, et la localité de Berre près de Marseille pourrait avoir la même origine. Quant au village voisin de Berolle, c'est vraisemblablement un diminutif de Bière. |
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Dernière mise à jour : ( 04-04-2010 )
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